Produire des truites et des légumes dans un même système ?

Au premier abord, on vous l’accorde, le rapprochement n’est pas forcément évident.

Et pourtant, c’est justement tout l’intérêt de l’aquaponie : faire travailler ensemble deux productions que l’on imaginerait volontiers séparées.

Chez Nature & Saveurs, poissons, plantes et micro-organismes participent ainsi au même équilibre. Un fonctionnement plutôt ingénieux… mais qui mérite quelques explications.

L’aquaponie, comment ça fonctionne ?

L’aquaponie associe l’aquaculture, c’est-à-dire l’élevage de poissons, et la culture de végétaux hors-sol.

Les poissons produisent naturellement des matières organiques. Des bactéries présentes dans le système les transforment en éléments nutritifs assimilables par les plantes.

Les végétaux utilisent ensuite ces nutriments pour se développer, tandis que l’eau poursuit son parcours dans le circuit.

En résumé ? Les déchets des uns deviennent une ressource pour les autres.

Dit comme ça, tout paraît presque simple.

Presque.

Car derrière cette boucle se cache surtout un équilibre à maintenir entre le vivant, l’eau et les besoins de chaque production.

Poissons et légumes : chacun a son rôle

C’est probablement l’une des particularités les plus intéressantes de l’aquaponie : les différentes productions ne fonctionnent pas indépendamment les unes des autres.

Poissons, bactéries et végétaux participent au fonctionnement du système.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne suffit donc pas de mettre quelques poissons sous des salades et d’attendre que la magie opère.

Ce serait pratique, cela dit.

L’aquaponie demande au contraire de suivre plusieurs paramètres : qualité de l’eau, température, oxygène, besoins des poissons ou encore développement des végétaux.

Un véritable travail d’observation et d’ajustement.

Produire autrement, mais surtout comprendre son système

C’est peut-être là que l’aquaponie devient particulièrement intéressante.

Elle oblige à regarder la production comme un ensemble plutôt que comme une succession d’éléments séparés.

Chez Nature & Saveurs, cette approche permet d’associer l’élevage de truites à différentes productions végétales : légumes, aromatiques, fleurs comestibles ou encore micro-pousses.

Une diversité qui repose sur le même principe : observer le vivant et chercher le bon équilibre.

Et finalement, n’est-ce pas justement là que se trouve une partie de l’agriculture de demain ?

Alors, l’aquaponie est-elle la production de demain ?

Probablement pas la seule.

Et heureusement : il existe autant de façons de produire que de territoires, de fermes et de savoir-faire.

Mais l’aquaponie ouvre une piste intéressante : réunir plusieurs productions, valoriser les nutriments déjà présents dans le système et piloter précisément son fonctionnement.

Dans notre ferme en dordogne, cette façon de produire n’appartient d’ailleurs pas vraiment au futur.

Elle se pratique déjà aujourd’hui.